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Le chien, un bon médiateur entre l’enfant autiste et les autres

On peut cibler les troubles autistiques de l’enfant en s’appuyant sur les caractéristiques de l’interaction humain-chien, riche de potentiel pour surmonter les difficultés relationnelles inhérentes au spectre des troubles.

On estime à 1 enfant sur 150 le nombre de ceux qui sont affectés par un trouble du spectre autistique (autisme, syndrome d’Asperger et autisme atypique). Ces troubles sont marqués par des perturbations de la communication, avec déficit de l’interaction sociale, restrictions des registres d’activité et stéréotypie des comportements.

Parmi les nombreuses stratégies d’approche de l’autisme chez l’enfant, il en est une qui fait intervenir sa relation avec un chien. Le rapport avec cet animal est utile pour tenter d’améliorer certaines difficultés relationnelles, en exploitant des aspects émotionnels stables de la relation humain-chien. Les mouvements et les réponses simples du chien, facilement compréhensibles, sont de nature à faciliter l’engagement de l’enfant souffrant de trouble autistique « dans une action sociale simple, qui est hautement répétable et prévisible et qui ne nécessite pas d’interprétation d’indices verbaux ». Cela peut offrir une opportunité pour apprendre à interpréter des comportements humains plus subtils.

Chiens thérapeutiques et chien d’assistance

On distingue les « chiens thérapeutiques », où l’interaction se déroule en présence d’un thérapeute (interventions brèves) et les « chiens d’assistance », introduits dans les familles avec l’objectif principal d’assurer la sécurité de l’enfant (interventions prolongées). Alessandra Berry et coll. (Rome, Italie) résument six études piochées dans la littérature sur les effets d’interactions entre un chien et un enfant autistique (deux sur les effets de chiens d’assistance et quatre sur les chiens thérapeutiques).

Plus de calme, moins de colères

L’intégration de chien d’assistance produit une réduction de l’anxiété, une augmentation du calme, une réduction du nombre des crises de colère, écrivent les analystes. Dans une étude, les auteurs montrent que la présence du chien d’assistance est associée à une régulation de la réponse physiologique au stress (cortisol), mais qui tend à se rétablir si le chien est retiré. À long terme, il y a une réduction des problèmes comportementaux qui perturbent l’ensemble de la famille et une amélioration des comportements d’impulsivité, d’hyperactivité, d’irritabilité et d’agressivité des enfants présentant un trouble autistique.

Les interventions des chiens thérapeutiques sont caractérisées par un bénéfice en terme de réduction du retrait social et de l’isolement caractéristiques du comportement de l’enfant autiste. Un auteur note une augmentation nette de la fréquence des comportements sociaux, à la fois dans les registres verbaux et non verbaux. Cette augmentation se produit en faveur du chien mais aussi du thérapeute. L’amélioration est toujours présente un mois après l’intervention.

Pont émotionnel et catalyseur social

« En étant capable de répondre à l’attention de l’enfant sur un registre affectif, l’animal semble posséder une capacité unique d’être utile comme pont émotionnel et d’agir comme catalyseur social.»

Au total, prises toutes ensemble, les études rapportent qu’en présence du chien, les enfants apparaissent plus propices à s’engager dans une relation avec des pairs et des adultes. Une voie d’interaction à étudier plus avant, concluent les auteurs.

Dr BÉATRICE VUAILLE

The Journal of Alternative and Complementary Medicine, 2012, DOI : 10.1089/acm.2011.0835.